Améliorer la qualité de ses rencontres amoureuses et leurs chances de réussite en comprenant quels sont les clichés sur le couple et l'amour dont nous sommes tous victimes.
On nous incite parfois à croire, que pour faire le bonheur de son conjoint, il faut accepter qu'il/elle ait des aventures extra-conjugales ! Que c'est un mal nécessaire pour le/la garder, pour préserver le couple...
Deux exemples me viennent à l'esprit :
John & Marie sont deux conjoints qui se sont rencontrés jeunes, ont été le premier amour l'un pour l'autre, et n'ont donc jamais connu d'autre relation amoureuse. L'époque de la première passion terminée, ils sont attirés par d'autres et doutent peu à peu que leur conjoint est bien « le bon ». Ce phénomène est d'autant plus fréquent entre 20 et 30 ans que ce sont les âges où l'on change le plus : on se rencontre lycéens ou étudiants, mais on change beaucoup en se retrouvant salarié, avec de nouveaux collègues, responsabilités, etc. Après quelques mois/années de tentations, on se pose des questions sur la direction que l'on souhaite donner à sa vie. Si on n'est pas conscient de ces transformations, on se réveille un beau jour à coté du conjoint en s'apercevant qu'on n'a plus rien à partager avec lui/elle.
Paul et Aline sont un couple qui s'est formé après une jeunesse épanouie, ils vivent depuis plusieurs années ensemble, de manière plus tranquille avec ou sans enfant. Ils se sont fait insidieusement prendre au piège de la monotonie, de la routine. Parfois à l'approche de la quarantaine, le fait de savoir que bientôt les sensations physiques se dégraderont, tente beaucoup vers un ultime « chant du cygne » : une histoire d'amour passionnée, avant qu'il ne soit trop tard ! Avant d'éprouver des regrets... D'autres se demandent à cette période s'ils veulent réellement finir leurs jours avec la personne jusqu'à présent à leur côtés. Cette perspective peut leur paraître triste, voire déplaisante. Ont-ils suffisamment d'affinités pour s'entendre réellement sur le long terme ?
Combler une insatisfaction
Dans ces deux exemples, c'est le syndrôme de « l'herbe est plus verte ailleurs » qui risque de frapper l'un ou l'autre, ou les deux à la fois. Dans ces circonstances, il est tentant de proposer à l'autre un nouvel arrangement de la vie de couple. L'idée est de devenir un couple libéré, de dire à l'autre que, même si on l'aime encore comme au premier jour, certaines attractions extérieures sont parfois très fortes et qu'on y résiste de plus en plus difficilement. Le conjoint qui ne partage pas forcément cette envie « d'aller voir ailleurs » se demande alors légitimement s'il peut ou doit accepter cet arrangement, redonner une partie de sa liberté (en tout cas sexuelle) à l'autre, pour le bien de l'autre, et donc pour sauver son couple...
[Ecartons d'emblée les conjoints manipulateurs, qui savent d'emblée qu'ils n'aiment plus l'autre et qui proposent cet arrangement pour conserver un point de chute en cas d'échec, mais qui partiraient immédiatement s'ils trouvaient une personne qui les aime et qui leur convient à l'extérieur du couple. Ils ont l'espoir secret de trouver mieux que le conjoint tout en lui faisant croire qu'ils désirent maintenir la relation. S'ils aimaient vraiment l'autre, ils ne mettraient pas ainsi la relation en péril en jouant avec le feu, et en risquant de tomber amoureux d'une autre personne.]
En dehors des gens malhonnêtes, d'autres se posent des questions sur eux-mêmes, sur leur choix de vie, leur épanouissement personnel, et se demandent sincèrement si leur vie actuelle répond à leurs aspirations.
Le dialogue est alors fondamental : lorsque cette envie de prendre de la distance apparaît au sein du couple, il ne faut pas l'éluder mais jouer cartes sur table. Quelles sont les causes des déceptions dans la présente vie de couple pour celui qui désire voir du large ? Quelles sont ses attentes pour une vie meilleure ? Quelle est la vie de couple dont il rêve ? Il faut tout d'abord, même si c'est dur, essayer de comprendre les motivations profondes qui le poussent à proposer ce type d'arrangement. Le conjoint attiré par d'autres paysages sera tenté de tromper l'autre s'il sent que le dialogue est impossible, qu'il n'y a pas d'effort d'écoute et de compréhension de la part de l'autre, s'il sait que l'autre a des positions très tranchées et se montre inflexible sur ces sujets. Il y a rarement tromperie s'il y a une ouverture réelle de part et d'autre.
A travers le dialogue, la compréhension et l'acceptation des besoins de chacun, les couples arrivés à ce stade se mettent parfois d'accord pour tenter des expériences chacun de son côté. Parfois seul l'un des deux éprouve ce besoin : l'un a plus besoin d'affection ou de sexe que l'autre. Il n'y a rien de condamnable à un tel arrangement s'il se fait par un consentement mutuel.
Toutefois, très peu de gens sont réellement capables de vivre en « couple libéré », d'accepter que l'autre aille voir ailleurs quand ça lui chante. Il faut être très détaché et avoir une maîtrise émotionnelle à toute épreuve ! Seuls les grands sages, ceux qui sont spirituellement très avancés, ont cette aptitude et peuvent adopter une telle attitude avec les gens qu'ils aiment. De plus, il faudrait que les deux conjoints soient parvenus simultanément à ce stade de sagesse pour accepter une vie de couple libéré ! Autant dire que c'est très rare ! Le commun des mortels vit l'amour avec un attachement émotionnel fort. Ce qui produit fatalement des chocs émotionnels, des traumatismes psychologiques, lorsque lun fait souffrir l'autre . Même lorsqu'on croit être épargné par ces chocs, même lorsqu'on ne veut pas s'avouer cette souffrance à soi-même, celle-ci fait son chemin.
Partie 2