Améliorer la qualité de ses rencontres amoureuses et leurs chances de réussite en comprenant quels sont les clichés sur le couple et l'amour dont nous sommes tous victimes.
"Il faut changer l'autre !"
A travers cette affirmation, c'est la question de la ressemblance et de la différence qui surgit : est-il préférable d'être semblables en couple ou d'être différents, complémentaires ?
J'avais une amie qui souhaitais absolument que toutes les activités à l'extérieur soient partagées avec son compagnon. Qu'elle les apprécie ou pas, peu importait, elle l'accompagnait ! Elle n'avait pas de patience pour peindre, ça l'énervait, mais elle allait malgré tout avec lui aux cours du soir de peinture ! Elle revenait de ces cours toujours plus agacée : « Je ne vois pas l'intérêt de peindre encore alors qu'on a tous des appareils photos ! » ou bien : « Tu crois vraiment que tu vas devenir un artiste célèbre ? A quoi bon perdre tout ce temps ? ». A chaque retour de séances de peinture, elle lui gâchait son plaisir, une sorte de bien-être qu'il éprouvait en peignant, et elle créait une tension entre eux pour le reste de la soirée. Lui avait le sentiment d'accéder à un absolu, à une dimension du beau, à travers cette activité. Elle, n'y voyait que lenteur, recommencements, minutie et ennui. Elle voulait le décourager de pratiquer cette activité qu'elle ne pouvait supporter de partager avec lui, comme elle lui avait fait abandonner ses cours du soir d'anglais. Elle voulait qu'il soit fidèle à l'image qu'elle se faisait du compagnon idéal : une vie repliée sur le couple, avec un minimum d'activités à l'extérieur, et uniquement des activités communes. Elle lui expliquait souvent qu'il s'y prenait mal pour faire la vaisselle, ranger, s'organiser, et elle lui montrait la « bonne méthode ». Elle s'énervait lorsqu'il faisait les choses à sa manière à lui. Elle voulait qu'il conçoive les différentes aspects de la vie quotidienne comme elle, qu'il gère sa vie comme elle gérait la sienne. Pour elle, il n'y avait pas d'autre manière de vivre concevable. En tout cas pas d'autre manière efficace ou, disons, judicieuse. Un jour, après une dispute sur la manière de réaliser une nième tâche, elle se fâcha devant son applomb et lui jeta : « Si tu ne veux pas faire ça à ma manière, tu n'as qu'à partir ! » Il la prit au mot et s'en alla définitivement. Elle ne comprit pas que les changements qu'elle voulait lui imposer équivalaient à une perte de son identité au sein de couple. Elle n'eut jamais conscience qu'il se fondait peu à peu en elle, à son corps défendant. Et cette fusion l'étouffait. Il avait besoin de respirer, il avait besoin d'air frais. Elle crut qu'il la trompait depuis quelques temps déjà avec une autre fille...
Sorti de cette (més)aventure, notre héros se rendit compte que la jeune fille en question croyait au dogme de la ressemblance : pour elle, un couple ne pouvait se bâtir que sur les similitudes, sur le partage intégral des idées et des activités. Elle ne s'est jamais demandée si la ressemblance est plus féconde que la différence. Laquelle enrichit le plus ? Y en a-t-il une qui contribue plus à souder le couple ? Est-il préférable d'être semblables ou complémentaires ?